Review The boys, pétard mouillé ou véritable chef-d’oeuvre?

De nombreuses séries toutes aussi exceptionnelles les unes que les autres ne cessent de voir le jour cet été, entre la saison 3 de Stranger Things, ainsi que celle de La casa de Papel ou encore la dernière saison de Orange is the New Black. Les séries semblent avoir remplacer les films comme blockbusters d’été. The Boys ne fait en l’occurrence pas exception à la règle. En effet, avec toutes ses œuvres produites par le géant du streaming Netflix, il fallait bien que la plateforme d’Amazon, prime video contre-attaque et on peut sans nul doute dire qu’elle a mis la barre très haute avec sa nouvelle série adaptée du comics du même nom. Avant d’en lire plus, sachez que cet article est susceptible de contenir du spoil. Je ne saurais donc que trop vous conseiller d’aller regarder la série, cette dernière se composant de huit épisodes d’environ 55 minutes chacun puis de revenir lire la critique. Voici donc la review The boys la série.

   

 

Qu’est-ce que The Boys ?

 

Comme je l’évoquais précédemment, The boys est à l’origine un comics écrit par Garth Ennis et dessiné par Darick Robertson. L’histoire se déroule dans un monde contemporain parallèle au notre, à ceci près que des super-héros veillent sur la populace. Rapidement, une société du nom de Vought-American Consolidated prend le contrôle des héros pour en faire un objet marketing, ces derniers vont rapidement profiter de leur statut pour céder à leurs penchants les plus obscurs. Parmi ces héros figure le plus grand groupe nommé les « Sept » qui se trouvent être le produit-phare de l’entreprise. Très rapidement, la CIA va engager un aventurier anglais du nom de Billy Butcher dont l’épouse est morte après avoir été violée par un « Super ». Ce dernier va mettre au point une équipe alimentée, grâce à un sérum lui permettant aussi d’avoir accès à des super-pouvoirs, chargée de surveiller les activités des super-héros et si nécessaire, les neutraliser. Par la suite, il rencontrera Hughie un jeune homme dont la petite amie a été tuée par l’un de ces fameux « Sept » qui ne tardera pas à comprendre que ses « héros » qu’il admirait tellement ne sont pas si parfaits.

 

 

C’est à partir de là que la série diffère avec le comics. Pour commencer, l’équipe n’est pas formée à la rencontre entre Billy et Hughie mais se constituera au fil des épisodes, ce qui nous proposera une certaine évolution dans la dynamique du groupe. On notera également que le groupe ne travaillera, dans la série, pas directement avec la CIA mais cherchera plutôt à trouver des preuves à montrer afin de pouvoir faire tomber ces héros et plus particulièrement, le plus puissant d’entre tous. The Homelander (ou Protecteur en VF) inspiré de notre plus célèbre porteur de cape, ce personnage est directement copié de Super-man.

 

 

Sans oublier les autres ennemis qui ressemblent chacun à un célèbre protagoniste de la Justice League. Toutefois, la différence la plus notable entre les deux œuvres restent le fait que les personnages que nous suivons, les « Boys » ne possèdent pas dans la série de super-pouvoirs. On peut sans mal imaginer qu’ils trouveront un moyen d’y accéder dans une future saison 2 déjà en préparation. En tout cas, tous les éléments semblent nous conduire à cela. Il faudra au moins ça pour arriver à bout de cinglés en collants ! Cependant, qui sont-ils vraiment ?

 

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ! »

 

Vous l’aurez compris, être un super-héros est devenu un véritable business que ça soit en termes de marketing mais également politique. C’est d’ailleurs sur ça que va se jouer l’intrigue de cette première saison. En effet, la compagnie Vought va tenter de « vendre » ses « Supers » à l’armée comme des armes. Néanmoins, il s’agit plus particulièrement, des « Sept », l’équipe calquée sur Justice League.

 

 

Cette inspiration permet la déconstruction du mythe du super-héros notamment en l’accompagnant des réseaux sociaux qui servent à alimenter la course de popularité des héros. Pour rester dans la déconstruction, elle permet la critique de nombreuses thématiques actuelles comme la religion. Les individus dotés de super-pouvoirs se croient choisi par dieu alors [spoiler] qu’ils ont tout simplement reçu un produit et donc acquis ces pouvoirs, ils ne sont pas nés avec. Plus loin que ça, cette satire permet de pointer du doigt les extrémistes religieux qui sous-entendent que dieu est à l’origine d’absolument tout. Interprétation bonne ou mauvaise, ce n’est en aucun cas à nous d’en décider, je préfère être clair sur le sujet. La course à la popularité comme je le mentionnais plutôt est aussi évoqué grâce aux réseaux sociaux. On peut rapidement remarquer que le point faible des « Supers » n’est autre que leur image. Mettre la série de nos jours n’a sans doute pas été choisi au hasard. On peut penser que ce choix vise à montrer la stupidité et l’hypocrisie qui se dégagent de ces applications, notamment à l’air des influenceurs. Je ne pense ne pas avoir besoin d’évoquer le rapport à l’argent de par le fait que les antagonistes ne sont vus que comme des outils marketing. En soit, comme l’a dit oncle Ben, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Certes, ces héros ne semblent pas les utiliser pour le bien mais indirectement, il nous montre les travers de la société et donc en un sens ne remplisse-t-il pas ce cahier des charges ?

 

La guerre du streaming

 

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier que cette série a pour but de permettre à la plateforme Prime Video de concurrencer Netflix. Pour cause, Netflix est à l’heure actuelle la plus grosse plateforme de streaming et de nombreuses entreprises veulent se lancer afin d’avoir chacune leur propre part du gâteau, on pourrait également citer Disney+ qui devrait sortir aux alentours de novembre aux        États-Unis. Cependant, cette guerre, qui commence tout juste, donne l’entière exclusivité de cette série à Prime Video. Certes, cela paraît logique. Le but étant de battre Netflix alors pourquoi la partager ? Toutefois, qui parmi vous, possède un abonnement chez prime video ? Il s’agit pourtant là du plus gros défaut de la série, elle n’est accessible uniquement sur un service que peu ont à l’heure actuelle acquis et quand bien même, la série nous ferait de l’oeil, seulement une poignée de personnes essaieront l’abonnement. Alors certes, il existe des sites de streaming mais je me contenterai de parler des manières légales d’avoir accès à cette œuvre.

 

 

En résumé, le plus gros point faible de cette série est sa visibilité. Toutefois, l’envie de prime video d’en faire un fer de lance de sa plateforme l’a poussé à revoir ses scènes. Alors attention, la série reste l’une des plus gores que j’ai vu allant jusqu’à égaler des séries comme Happy ! Néanmoins, ces derniers ont tout de même choisi de supprimer quelques scènes jugées beaucoup trop violentes ainsi que certaines scènes de sexe qui auraient dû être montrées. Encore un fois, je ne vais pas dire s’il s’agit d’une bonne chose ou non. Ça sera à vous, de vous faire votre propre avis sur la question mais à mon sens, une série qui se censure dans l’objectif d’être plus regardée, cela n’inspire rien de bon…

 

Le nouveau symbole des super-héros

 

Cela fait déjà quelques temps maintenant que les super-héros ne se baladent plus en collants avec un slip rouge et une cape. Il n’y qu’à voir les films du MCU pour comprendre. Combien parmi eux possèdent une cape ? Sans parler du succès de la série Umbrella Academy, qui bien que centrée sur un drame familial, mettait en scène des super-héros. L’archétype du héros change de plus en plus et ne cesse d’évoluer. Lors de la création de Super-man, il semblait impensable que des méchants soit catégorisés comme des héros.

 

 

Néanmoins, c’est bel et bien le cas dans cette série. Pourtant on retrouve toujours des personnages héroïques comme Stella qui ne veut rien de plus que sauver des vies. On peut alors se demander si la vision manichéenne qu’on a des super-héros n’est-elle pas trop archaïque ? Et si nous pouvons remettre en question ce qui était un code établi depuis presque un siècle, que pouvons-nous dire du reste ? De par les questionnements que nous pose The Boys et la déconstruction du mythe du héros nous poussant à avoir un œil nouveau sur la société, je pense à mon sens que cette série a le potentiel pour devenir un chef-d’œuvre. Cependant, seule l’avenir pourra nous dire si tel est vraiment le cas.

Si vous êtes plutôt comics, vous pourrez les trouver sur AmazonFr.

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